• 01 FÉV 15

    Utiliser des cellules cardiaques de donneurs pour traiter le cœur endommagé par un infarctus: l’hôpital espagnol Gregorio Marañon a présenté vendredi à Madrid comme une première mondiale cette nouvelle option thérapeutique, déjà testée sur sept patients qui évoluent favorablement.
    « Dans le cadre de cet essai clinique, 55 patients au total seront traités.

    Déjà sept malades ont été opérés, dont l’évolution est très favorable alors que leur tissu cardiaque avait été gravement touché », explique le gouvernement régional de Madrid dans un communiqué.
    « C’est la première fois que ce type de cellules est utilisé pour réparer le dommage provoqué par un infarctus aigu du myocarde ayant gravement atteint le tissu cardiaque », poursuit-il.
    « Il s’agit d’un essai pionnier dans le monde », a précisé à l’AFP un porte-parole de l’hôpital.
    « Ces cellules allogènes, c’est à dire qui ne viennent pas du patient lui-même mais de cœurs de donneurs, sont traitées et stockées » avant leur utilisation sur le cœur du malade, explique Francisco Fernandez-Avila, chef du service de cardiologie de l’Hôpital Gregorio Marañon, cité dans le communiqué.
    L’avantage de cette méthode est qu’il n’est pas nécessaire d’attendre les « quatre à huit semaines » qui seraient nécessaires en cas d’autogreffe avec utilisation des cellules cardiaques du malade lui-même. En outre ces cellules cardiaques sélectionnées offrent un « plus grand potentiel réparateur », selon le cardiologue.
    Prélevées sur le tissu cardiaque de donneurs volontaires « restant après une intervention chirurgicale » comme une chirurgie valvulaire, ces cellules qui ont été l’objet d’un sélection, permettent une meilleure réparation du tissu cardiaque lésé par l’infarctus que si elles provenaient d’autres sources, est-il précisé.
    Avant d’être traitées, elles « sont étudiées de manière exhaustive » et seules celles qui fonctionnent « de façon optimale » sont sélectionnées puis multipliées jusqu’à atteindre « la dose nécessaire, de 35 millions par patients ».
    Les cellules sont ensuite implantées à travers une artère coronaire, « un processus sûr et simple semblable à la réalisation d’une angioplastie », selon les médecins. Il s’agit alors « de produire du nouveau tissu cardiaque, en activant la capacité de régénération locale du cœur lui-même ».
    Le patient doit recevoir les cellules « sept jours après l’infarctus, lorsque sa situation clinique s’est stabilisée et que l’effet cardio-réparateur peut être plus efficace ».
    Soutenu financièrement par l’Union européenne, l’essai est mené en Espagne par le groupe espagnol privé Genetrix et coordonné par l’hôpital Gregorio Marañon avec une vingtaine d’organismes européens, dont l’hôpital Saint-Louis de Paris.

    SOURCE: http://www.leparisien.fr/