• 18 AVR 16

    La suspicion qui entourait depuis des mois le virus Zika, présumé responsable de plusieurs cas de microcéphalie chez les nourrissons nés de mères porteuse du virus, vient d’être confirmée par une étude des centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), dans une étude publiée mercredi 13 avril dans le New England Journal of Medicine.

    Le virus, identifié la première fois en 1947, dans la forêt de Zika en Ouganda, est sous les feux des projecteurs depuis l’épidémie qui touche l’Amérique latine depuis 2015, principalement due à des piqures de moustiques Aedes aegypti, et qui touche près de 1,5 millions de personnes dans le sous-continent fin janvier 2016, selon l’OMS.

    Le virus est suspecté d’être à l’origine de l’augmentation anormale des cas de microcéphalie au Brésil en 2015, une pathologie congénitale rare, se manifestant pendant la grossesse, le bébé naissant ensuite avec une boîte crânienne inférieure à la normale (habituellement supérieure à 33 cm), ce qui porte préjudice à son développement intellectuel. La présence du virus dans le sang des nourrissons atteint de cette pathologie avait lancé l’alerte. Une équipe animée par des chercheurs de l’Institut Pasteur apportait en mars la preuve que le virus Zika pouvait entraîner, chez la femme enceinte, une microcéphalie de son fœtus, dans l’étude publiée mercredi 16 mars dans la revue médicale The Lancet, qui quantifiait pour la première fois la probabilité de survenue de cette malformation congénitale. Le risque de base de la microcéphalie évalué par les chercheurs, qui est de 0,02 % (2 nouveau-nés atteints sur 10 000), est multiplié par 50 et passe à près de 1 % lorsque la mère est infectée au cours du premier trimestre de sa grossesse.

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré, le 1er février, que l’explosion de cas de microcéphalies et de syndromes de Guillain-Barré en Amérique latine et dans les Caraïbes constituait une urgence internationale de santé publique.